Savez-vous ce qu'est la créativité ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bonjour à tous, j’ai choisi aujourd'hui de vous parler de ce concept flou qu’est la créativité et plus particulièrement de ce qui fait de nous homo sapiens sapiens des êtres créatifs ouvert à l’art et l’innovation. Je vais commencer par vous raconter une histoire... Celle de Jon Sarkin.

 

Jon Sarkin est un prolifique peintre américain né en 1953. Son travail a fait l’objet de nombreuse parutions, notamment dans de célèbres magazines tel que le New York Times ou encore Art News. Ses œuvres sont aujourd’hui exposées dans les plus prestigieuses galeries du monde. Et si j’ai décidé de vous parler de cet homme c’est parce qu’il fait aujourd’hui l’objet d’un livre intitulé« Shadows Bright as Glass », par Amy Nutt. Pourquoi ? Parce qu’un jour d’automne 1988 lors d’une partie de golf cet homme est devenu un artiste.

Ce jour-là Jon Sarkin qui est chiropracteur de formation est victime d’un AVC ou Accident vasculaire cérébral. Lorsqu’il se réveil quelques heures plus tard à l’hôpital, il n’est plus le même homme. Son accident vasculaire a obligé les médecins à lui amputé une partie de son hémisphère gauche et une grande partie de son cervelet. Physiquement, il mettra des années à réapprendre à marcher, s’asseoir et parler. Mais psychologiquement Jon Sarkin est devenu un autre homme. Lui qui était joyeux et doux est devenu brusque et dépressif. Mais surtout une force intérieure le pousse à dessiner. Lui qui n’avait jamais tenu un pinceau de sa vie commence à esquisser, griffonner compulsivement. Aujourd’hui son nom est connu dans le monde entier et son désir de crée toujours aussi puissant.


L’histoire de Jon Sarkin suscite de nombreuses questions : Qu’est-ce que la créativité ? Qu’est-ce qui rend un individu créatif ?

Serait-ce un cadeau des Dieux comme le suggérait Platon, le produit d’un esprit déductif comme le définissait Descartes ou bien le fruit d’un dysfonctionnement cérébral ?

De nombreux scientifiques, psychologue et neurobiologiste se sont penchés sur cette notion de créativité. Ils se sont intéressé au processus de création : de l’émergence de l’idée à la réalisation finale. Avant d’aller plus loin, tentons de définir ce qu’est la créativité



Daniel Tammet, qui est un autiste de génie atteint du syndrome d’Asperger définit la créativité dans son livre « Embrasser le ciel immense » comme une extraordinaire connexion de pensées, de souvenirs, de sentiments et d’idées habituellement sans lien les uns aux autres. 

Selon le psychologue américain Robert Sternberg, la créativité est la capacité à réaliser une production qui soit à la fois nouvelle et adaptée au contexte dans lequel elle se manifeste. Ainsi, une idée, un concept, une production artistique, pour être considérés comme créatifs, doivent, d’une part, se distinguer de ce qui a été précédemment proposé et, d’autre part, satisfaire les contraintes de l’environnement où ils s’expriment.



Mais alors d’un point de vue physiologique qu’est-ce que la créativité, comment notre cerveau crée-t-il ?

Notre cerveau est composé de 2 hémisphères : l’hémisphère droit et l’hémisphère gauche. De même que nous utilisons une main plus facilement que l’autre, nous nous servons plus spontanément d’un hémisphère que de l’autre. Pour la grande majorité d’entre nous, c’est le gauche. C’est le siège du raisonnement probabiliste, qui traite le langage, le calcul, le raisonnement. L’hémisphère droit lui est impliqué dans le raisonnement déductif : c’est lui qui gère l’intuition, l’intelligence globale ou encore le sens artistique.


Néanmoins pour exprimer une solution créative, le point crucial résiderait dans l’interaction entre ces deux systèmes. La créativité serait due à une utilisation accrue de l'ensemble du cerveau!!

Les personnes plus créatives posséderaient plus de connexions anatomiques entre les deux hémisphères ce qui leur permettraient de recruter des réseaux de représentations différents et de les associer entre eux.

Si l’on se rappelle de la définition de Daniel Tammet cet autiste de génie capable d’apprendre une nouvelle langue en 2 semaines, on se souviendra qu’il définissait la créativité comme une extraordinaire connexion de pensées sans lien particulier. Ainsi un chiffre (cerveau gauche) est pour lui associé à une couleur et une forme (cerveau droit). Il explique, je cite "Chez la plupart des individus, les tâches cognitives majeures (faire des calculs, comprendre le langage, analyser des informations sensorielles...) sont effectuées distinctement dans des régions cérébrales séparées. Une inhibition empêcherait les différentes parties du cerveau de se mêler du travail des autres."

 Les personnes à haut potentiel créatif semblent donc avoir une meilleur connexion inter hémisphérique permettant une importante flexibilité  qui faciliterait l’accès à différents types de concepts simultanément qui associé faciliterait l’éclosion de concept innovants.

Un autre phénomène serait impliqué dans la créativité, celui de la désinhibition cognitive. Chaque individu est équipé de filtres mentaux qui masquent la plupart des opérations que réalise le cerveau à partir de ce qui l’entoure.

Par exemple, pendant que vous discutez avec un ami à la terrasse d’un café, vous ne faites pas attention au bruit des voitures, à ce que dit le garçon de café, à la personne qui vient d’entrer. Votre cerveau reçoit et traite ces informations, mais sans que vous en ayez conscience. Il fait le tri entre ce qui lui semble important et les informations de moindre importance.


Mais vous me direz, quel rapport avec la créativité?!

 

Une équipe de chercheurs c’est penché sur ce phénomène via l’étude de 12 rappeurs. Chacun d'entre eux devait rapper un texte appris par cœur puis improviser. Leurs cerveaux durant cette tâche ont été observés par imagerie par résonnance magnétique fonctionnelle ou IRMf, qui permet de voir quelle partie de leur cerveau intervenait durant la récitation et l’improvisation. Durant les phases d’improvisation, les chercheurs ont révélé une désactivation de certaines zones du cerveau et notamment du cortex préfrontal dorso-latéral qui joue un rôle de surveillance et de contrôle. Par contre, les chercheurs ont observé une suractivité du cortex préfrontal médian et de l’amygdale qui sont respectivement responsable de la motivation des émotions.


 

 Il y aurait donc une sorte de relaxation des « fonctions exécutives » qui permet de se décentrer et de lever l’autocensure, afin de laisser libre cours à sa créativité! L’absence apparente de filtre cérébral permettrait à de nouvelles connexions, idées, associations d’apparaître plus naturellement sans être réprimées.  L’inhibition cognitive pourrait ainsi permettre l’émergence d’idées novatrices.

 

Maintenant rappelons-nous de Jon Sarkin l’artiste accidentel. Je vous ai expliqué au tout début de cet exposé que son AVC avait obligé les médecins à lui retirer une partie de son hémisphère gauche.  L’absence de ce cerveau gauche, c’est donc l’absence d’un filtre chaque stimuli, chaque émotions, chaque expérience est analyser, intensifié, lui permettant de voir le monde différemment, directement, intensément. 

 

Les pensées des personnes créatives seraient donc un peu moins disciplinées. C’est d’ailleurs souvent le sentiment qui revient lorsque l’on pense à des génies créatifs tel que Van Gogh, Mozart, Einstein… Tous souvent perçu comme des êtres originaux. L’existence de comportements étranges chez des individus très créatifs semble trop fréquente pour être une simple coïncidence. Dans la Grèce antique, Aristote assurait déjà : "Il n’y a point de génie sans un grain de folie".



Que la créativité soit le propre de quelques individu ou un muscle que nous possédons tous, elle est le propre de l’homme. C’est du moins cette capacité de création et d’innovation qui a fait de nous les hommes que nous sommes aujourd’hui…

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Commentaires: 1
  • #1

    Caroline (dimanche, 27 décembre 2015 21:06)

    J'ai beaucoup aimé cet article, qui me laisse pensif...